17.3.09
Soyeuse saveur
Que ce soit leurre, ou plus tard, elles nous seront fêtes,
Nous n'oublierons pas leur soyeuse saveur de beurre.
20.10.08
Poèmes, poèmes
Lave, ma douce amie
De mon âme les soucis
et tes larmes me sourient !
10.7.08
En complément (gestion)
4.7.08
De la tyrannie floue
La démocratie moderne est déjà un Ancien régime. Mais son manteau doit cacher Léviathan. Jamais il ne se découvrira de lui même, car il se pare de toutes les dépouilles des bonnes causes. Un épouvantail de Justice!
Une tyrannie floue.
3.7.08
Kann al loar
http://kann.al.loar.free.fr
18.5.08
Poésies
Sortons, dehors asseyons-nous,
Que passe l'hirondelle, ou l'alouette, qui porte les clefs du ciel,
monte à ma bouche un cri, Parole de Vérité,
Les ajoncs, mon pays
Le soleil, les jaunit,
Or, or, parole d'or :
« à l'ombre de son aile tu connaitras l'espoir ».
Opacité
Sortons, dehors, asseyons-nous,
Lisons, chantons, paroles saintes,
Secouons la vide opacité du monde.
Exaltation
Les ajoncs sont en fleurs,
Tout en moi exalte le Seigneur.
Eté; Bretagne, terre parfumée
Eté, toute terre labourée.
Consolation
Senteurs cendrées;
Fleurs, dorées,
Parfums adorés;
L'humus enfin consolé.
L'âme, enfin réchauffée.
15.5.08
Modernisme
Pour les modernistes qui y sacrifient la « modernité » est soit l'acme de la civilisation et toute civilisation doit tendre vers ce but béatifique, soit un horizon indépassable, il s'agit donc, dans une course sans but d'aller vers toujours plus de modernité, d'inventer sans cesse au sein même de la modernité, sans risque de l'épuiser puisqu'elle est intrinsèquement source et cause de progrès, toujours plus de modernité.
Pour les « anti-modernes », qu'ils soient conservateurs, rétrogrades, traditionalistes, ce qui est « moderne » est intrinsèquement négatif, et sinon négatif du moins cause de dégénérescence, ce rapport à un temps ou une partie du monde qui aurait été ou qui serait « non-moderne », ou, à tout le moins moins affecté.
Dans les deux cas le dualisme n'est pas loin. Il s'agit en tout cas de deux « systèmes » de pensée clos sur eux-mêmes, de deux formes d'une pensée systématique, systémique !
Nihilisme
En elle-même, la matière est négative, non pas moralement, ni même « métaphysiquement » mais quasi magnétiquement, elle est « en creux » et ne tire son « positif » que de l'appel divin.
Le nihiliste s'oppose au gnostique-manichéen en ce que le premier ne croit qu'en la matière qu'il positive, la posant comme radicalement athéiste, séparée de Dieu, il n'oppose pas, lui, la matière et l'esprit ainsi l'homme issue de la nature limitée à la matière couronne la nature.
Enthousiaste et « positive » en sa genèse cette pensée se heurte pourtant à son « néant », précisément – et non, comme elle le croit au néant négatif de l'existence. Pourquoi ?
Si l'homme, par volonté et intelligence sort du bois obscur de la nature et de l'animalité pour se ruer vers la civilisation, vers un meilleur toujours possible, toujours à conquérir ? Dans quel but le fait-il, que vise-t-il ? Une vie éternelle mais selon la « nature » ? Une vie éternelle et repue sur cette terre ?
Là s'ouvre l'abime béant, la les voies : désespoir ou totalitarisme ... (tout le reste est pis-aller ou mascarade) !
La matière tirée du néant veut s'y résorber ! « veut », non, pas tout à fait, elle obéit à une loi d'attraction inverse. L'homme lui, a reçu l'être, le pôle positif, il n'est pas seulement « existant », ni-même « étant » (bien que n'ayant pas, d'évidence, son être de lui-même).
Si il est seulement l'animal supérieur, sorti, par une volonté et une intelligence constituées uniquement par matière et nature alors ses inventions, ses avancées, ses projets, sont en vain, son voyage n'a pas de but et, malgré les artefacts de plus en plus subtils de ses civilisations il n'est nullement sorti de son animalité.
3.4.08
Ecologie
Car, sans une claire conception cosmologique, qu'est ce que l'écologie sinon une idéologie « humaine trop humaine », strictement rationaliste et matérialiste, basée sur des conceptions mécanicistes de la nature. Tout d'abord, comment l'écologie entend-elle l'idée de « nature » ? Remarquons, et nous aurons l'occasion d'y revenir, qu'aujourd'hui il est beaucoup moins question de « nature » que « d'environnement » et que ces questions semblent devenues inséparables de l'idée (absurde, mais nous allons y revenir aussi) de « développement durable » !
Pour l'écologie, comme pour l'hygiénisme, la « nature » n'est pas une création, ou plus excatement la « nature » est une pure auto-création, une auto-création qui c'est dotée elle-même de ses propres « lois » (?). Pour évacuer la question, et nier les implications philosophiques de tels concepts, on prend soin de se réfugier dans des mots détournés, dans des euphémismes. On parlera donc « d'environement », de « bio-diversité », du « monde du vivant » en évitant soigneusement de définir en termes clairs ce que ces concepts, apparemment « neufs » recouvrent réellement.
L'écologie est-elle darwinienne ? Oui, de façon diffuse et comment ne le serait-elle pas, puisque le darwinisme est imposée comme une loi absolue au même titre que les « droits de l'homme », droits que les plus engagés des écologistes, souhaiteraient voir s'étendre à l'ensemble du « monde du vivant », « droits des animaux », « droits des arbres », « droits des microbes » ...
Oui, puisque selon les conceptions darwiniennes les grands singes et les primates sont apparentés à l'homme et que certains éco-citoyens, estiment que ces animaux ont les mêmes droits que les hommes (nous en viendrons donc au « droit au logement » pour les grands singes !!).
L'hystérie environementaliste est l'arbre qui cache la forêt ! Loin de nous l'idée de nier, même d'infirmer les résultats des recherches scientifiques qui mènent aujourd'hui à remettre globalement en question un mode de vie responsable des diverses détériorations du système biologique planétaire c-à-d de la Création. La question est : la même science, les mêmes conceptions scientifiques qui sont en partie responsable de l'état actuel de notre planète, peuvent-elles sincérement rémédier à ces maux ? Les peuvent-elles sans changer fondamentalement et leur forme et leur approche de ce qu'elles sont ?
L'actuel mouvement écologiste n'est finalement pas « écologique », il s'agit bien plutôt « d'écologisme », d'une conception gestionnaire d'un « éco-système ». L'écologisme est aussi éloigné de l'écologie que le créationnisme peut l'être de l'authentique doctrine de la Génèse !
Encore une fois, le monde peut bien jouer la carte de l'un contre l'autre, nous sommes en présence des deux faces d'une même médaille nihilistique.
« Aujourd'hui, on prend conscience des risques. Mais les uns pensent la protection de l'environnement à peu près dans la même logique que sa destruction. La différence est d'ordre quantitatif : limitons et contrôlons l'exploitation de la nature pour l'assurer à plus long terme. En somme, un meilleir rationalisme consumériste, la limitation rationnelle d'une pratique irationnelle. Les autres voudraient retrouver les vieux cultes de la Terre-Mère pour se dissoudre en elle, dans l'oubli de la transcendance de la personne et de sa mission divine. » Olivier Clément, 1996.
Cette agitation est vaine si, comme le réclamait Olivier Clément dans le même texte nous ne révisons pas radicalement notre « cosmologie ».
1.4.08
Problème du néo-chiliasme
http://thierryjolif.hautetfort.com/archive/2008/03/25/a-propos-du-neo-chiliasme.html
Encore une conséquence du vide mutiplié à sa propre puissance ...
28.3.08
Ouvrir, subvertir la subversion
20.3.08
Gestion
La fièvre hygiéniste qui secoue nos "sociétés" (notons bien qu'il n'est plus et ne saurait plus être question de civilisations) en est un miroir. Nos mots sont pleins de notre néant, plus même emplis de "néantisation", et nos enfants sont obèses, ce n'est pas là la "faute aux américains", que nenni. C'est ce que l'Europe (et les Etats-Unis en sont une excroissance) à intégrée en elle de néant qui en est la cause, nous avons usés et évidés nos mots et nos enfants enflent de cette excroissance de néant. Alors à un mal on va s'empresser d'opposer un "bien". Sans jamais creuser la question, creuser se serait risquer de se heurter au gouffre vertigineux de la néantisation heureuse et repue, criminelle et perverse. Le "bien" opposé tirera son origine de la même source, invertie, sans doute, positivée, surement mais de la même.
L'Europe n'a pas su, pas voulu, éliminer "en esprit et en vérité" le totalitarisme de son sein, l'Europe a refusé de voir et d'entendre que celui-ci est à son fondement; celui-ci est son fondement et son vide, celui-ci est son vide et ce avec quoi elle entend combler ce vide, négativement ou positivement.
Hygiénisme, naturalisme, écologie, mysticisme de la terre, idéologie du retour à "l'âge d'or sur terre" ... tout ces "traits" se retrouvent au coeur même des idéologies "totalisantes" de l'Europe.
Sous une forme néantisée, invertie, vidée mais d'autant plus forte qu'elle est "vide", ses traits idéologiques sont toujours présents, bien présents !
"Il faut" être, sinon l'amant (mais, on y viendra) du moins l'ami de la "nature". Que cette nature soit, à l'heure actuelle et dans nos contrées, très largement artificielle et construite ou reconstruite par l'homme (ce qui est, en fait le "propre" de la biologie ou de l'écologie) qui peut encore oser l'affirmer ? Qui se souci encore de faire, de poser, la différence entre natura naturata et natura naturans ? Qui peut encore voir l'importance de ce que ce mot, "nature" signifie "ce qui est à naître" ? La nature est, par nature, instable ! La nature se n'est pas l'Etre !
Comment "gérer" la nature, ce qui est, en soi, le projet écologique ! Il faut bien finir par "lacher" le mot, comme on lache les chiens. Les scientistes et leurs amis, progressistes éclairés, forcément, souhaitent : "gérer les stocks du monde du vivant". Il y aurait donc "le monde du vivant" et ... ? On se pose la question ... "le monde du mort" ?
Derrière un panthéisme (sans théos, évidemment !) de bon aloi s'avance l'idée de "gestion", de "gestion des stocks". Bien sur, bien sur, pour l'heure nous parlons de "singes", de "baleines" oui c'est évident, allons...
Osons regarder, osons voir : qui dans l'histoire de l'homme a promu la "gestion" comme politique, politique économique, raciale, sociale ... ? Vers où allons-nous aujourd'hui ? Vers l'économie et l'écologie durable, le "développement durable", l'antinomie comme néantisation du sens, néantisation du Verbe ! Qu'oppose-t-on alors à la "marchandisation" du monde, de l'humain, on y opppose une autre forme de gestion ... On envoi sur le ring deux morales qui n'ont pas de "fin", qui se préoccupent uniquement de gérer ! Evidemment la transcendance ça ne se gère pas, c'est ingérable la transcendance ! Alors on l'évacue, on ne garde que le "vivant" un joli euphémisme pour avouer au final qu'on ne souhaite pas d'autres horizons que le biologique.
Les N-S ont cherchés à réinventer une spiritualité "païenne", non-chrétienne. Ils l'ont fait sur des bases inverties, au vide antique que voyait leur propre nihilisme ils ont opposés un trop plein, leur trop plein d'une vision invertie et moderne de l'Antiquité, sur des bases naturalistes, scientistes et biologiques, conséquences conjuguées d'un héritage honnie dans les mots mais bel et bien intégrées, héritage de la Renaissance et du romantisme.
« Le nazisme se distingue par une inclinaison pédérastique très prononcée qui a toujours été en honneur chez les Allemands et que les traditions militaires ont exaltée; l'austérité spartiate, la nudité grecque, la gymnosophie furent, au XIXe siècle, les formes classiques du délire allemand. L'athlète hitlérien du XXe siècle est habillé, armé, sanglé, botté, casqué, décoré, mais l'inclinaison homosexuelle est plus forte que jamais. Tout l'indique : l'étalage de la force brutale et l'idôlatrie du muscle, des pectoraux de gladiateur sous les baudriers éblouissants, la folie des uniformes qui fascinèrent jadis la France vaincue comme la fascinèrent les beaux barbares blonds. » — Vladimir Jankélévitch, Une monstrueuse apothéose, in Quel Corps ?, éd. Passion, 1986, p.42
En outre ils y ont intoduits leur technicisme ! Les N-S n'étaient pas l'extrême droite de l'époque, il s'agissait d'un large mouvement unanimiste réunifiant gauches et droites telles que sorties de la Révolution française. Toutes ces révolutions, celle allemande des N-S comme celle russo-européenne des Communistes, ont eues pour base et cause le spirituel et le religieux, la politique fut un moyen, rien d'autre... spirituel et religieux invertis, certes, philosophiquement invertis mais bel et bien réels ...
Les révolutions (de revolvere, faire retour, et sous-entendu "vers l'origine") depuis la révolution française (qui venait de l'Europe et visait l'Europe, par les "Lumières") entendent "faire retour", paradoxalement, en apprence, en s'opposant à leur idéologie de "progrès", "d'avancée permanente"... Il ne s'agit nullement de déceler un complot, ni de dénoncer une concertation, une volonté mais il s'agit d'oser regarder et voir la pente quasi-naturelle d'un monde qui refuse obstinément la radicalité de la Chute, de la Rédemption et de la Resurrection.
L'unanimisme est toujours un danger, non d'un point de vue moral mais réellement, objectivement. Pour le judaïsme ancien un concensus contre un seul homme doit toujours être tenu pour suspect et révisé.
La technocratie réglementatrice de Bruxelles à reçu cet héritage. Son refus absolu, son rejet déterminé de tout ce qu'on donne pour avoir été les valeurs des N-S servent en définitive une continuité nihilistique, quelque soient les valeurs mises en avant, ou plutôt "mises en scène" (valeur finalement "en creux" / néantisées) c'est le même nihilisme, plutôt le même fond nihilistique, le même refus de la Rédemption divine au nom d'une humanité sacralisée et divinisée (mais sans-Dieu).
N-S et communisme ont eu un but ... gérer le monde sans Dieu, rendre réelle ou plutôt concrète la perception faussée de la povocation nietzschéene : "Dieu est mort" ! Provocation qui, également, passe à côté de l'essentiel : oui, Dieu est mort ! Mort sur la Croix ! Mais Il est ressucité. Alors pour tuer Dieu dans l'homme, comme une inversion intensificatrice du "corps sans organe" d'Artaud. D'un côté le peuple élu d'où est sortie l'Espérance, de l'autre certaines "classes" de la société au sein desquelles étaient visées les "croyants" stigmatisés en tant que "bourgeois ennemis du peuple". Visée équivalente, d'ailleurs le communisme, associa les juifs au capital, comme les N-S qui, eux, ajoutèrent à cela, selon leur logique propre, le rationnalisme biologique. Les deux, d'abord conjointement, puis, en apparence, en opposition, se devait de creuser une immense tombe, en Europe, l'un, l'autre dans le monde, collaborant, quoique de façon opposée parfois, dans le premier authentique "globalisme", la destruction de "l'espérance chrétienne", de la certitude de la résurrection, étant le premier échellon de ces gestionnaires du néant. Ces messianismes invertis, ces contres-religions, non pas irrationnelle, comme on le prétend mais, strictement, méta-rationnalistes ont ensemencés le monde actuel, la force de leur cruauté a permis de faire accepter la cruauté douce-amère des démocraties mondialisées.
"La vérité vous rendra libres". Adage chrétien, plus encore : réalité humaine, divino-humaine qui demeura, malgré le refus humain, et se vit invertie par l'idéologie de la gestion : "Le travail rend libre", slogan (c'est-à-dire "cri de guerre") qui convient bien aux deux monstres totalitaires. Le Libérateur qui anihile l'esclavage est nié au profit d'un servage "consenti", instrument d'une libération désirée à toute force et même accomplie. Il n'y a pas de résurrection, pas d'espérance céleste, ce n'est pas même le "travail vous rendra libre" mais, à l'entrée même de l'Enfer sur terre la promesse d'un Eden collectiviste hic et nunc. Les deux montres, ou plutôt ce monstre gestionnaire bicéphale fut, plus qu'un totalitarisme, un "unanimisme", quand bien même l'unanimité s'obtint-elle à la force du "revolver", des camps ou des chambres à gaz.
En cela l'Europe, héritière déclarée et volontaire des "immortels et universels" principes des droits de l'homme (révolutionnaire) est dans le droit fil de cette logique nihilisante, quand bien même les moyens, c'est-à-dire, les armes ont changés. Nous n'en sommes plus au temps des bureaucrates et des fonctionnaires à "revolver", la technique (i.e : l'art) a évoluée, l'art a trouvé sa maturité.
13.3.08
Introduction à L'Encyclopédie du Souterrain
L'encyclopédie du souterrain
Il est là, l'antique Serpent, involué dans les profondeurs; et sa montée et sa manifestation se préparent dans l'ombre. L'encyclopédie du Souterrain est la préparation de la manifestation du retour. L'eau par son creusement obstiné a creusé les cavernes, réalisé de délicates arabesques de roches, abattu l'orgueil des récifs.
Par les signes il est « longueur, largeur, hauteur, profondeur ».Par l'Univers j'ai vu la terre de la lune, et je connais les noms des hiérarchies angéliques. Comme un jardin planté d'arbres pensifs, l'Univers n'est pas seulement une production humaine. Le signe en effet répercute vers ce qu'il désigne et cèle son origine. L'Univers est l'ouverture des mondes personnels vers le prochain et le Seigneur caché. La recherche de la Sagesse, de la Saveur, est la recherche de l'entrée de l'Univers dans le monde propre, la recherche de la connaissance directe : la rencontre de l'Ange de la face, le baiser des baiser de Sa bouche, le dénouement de la lanière de Ses sandales.
Construit de signes entrelacés, en énigme, tissage d'homme et de Verbe, l'Univers est culture. L'homme est une culture pour Dieu, un champ à labourer, à moissonner, une vigne. Sans culture, l'homme n'est homme qu'en puissance et ne réalise pas son essence. C'est la graine tombée dans les ronces, le figuier stérile. L'essence de l'homme est le désir de dépasser son essence, désir d'extase, nostalgie du Suprême. La nostalgie est l'essence de l'homme.
Il faudrait être aveuglé par des illusions féroces, tel Narcisse, enfermé en son monde, pour croire qu'un seul essai des auteurs, philosophes, penseurs de ce temps est plus qu'une compilation médiocre. Et pour argument, outre le vide et le plagiat, nous dirons : qui connaît encore la gloire des critiques et des auteurs d'il y a cent ans? Des milliers de livres monotones encombrent les archives. Ils passent au broyeur de leur idéologie mécanique des Univers entiers qui les dépassent infiniment. Ils pourrissent dans l'ombre. Ces corps mols et blancs qui affolaient les désirs : « ils sont mangés des vers ». Fait d’étoiles et du parfum des sacrifices, un fragment d’Héraclite renaît en chaque œil qui le scrute.
Les nôtres auront le même sort ; et de leurs auteurs, on peut prévoir qu' « ils mourront sous eux, d'un seul coup, exactement comme ils écrivaient. » « Et comme ils n'ont plus de sceptres, ils n'ont plus de flatteurs ».
« sauvagerie » des crimes entièrement nouveaux.
Ce qui ne vit que de pain n'est pas humain. L'humanité meurt de l'humanisme. L'humanité meurt de sa fadeur et de l'absence de la mort. Le monde moderne ne peut comprendre l'intransigeance des Saints et se moque de l'ascèse. Le monde moderne rejette la volonté de puissance, la cruauté et l’énergie de l’homme de guerre. Il rejette les hautes volontés, les hautes ivresses, la folie sacrée. Pourtant la rationalité humaine est ouverture, et est aussi enfermement et enfer. Seule cette Puissance unique qui s'expire à travers les hommes peut bouleverser des mondes d'enfermement et planter des racines d'Univers. La vie d'Origène -« transformez vous! »- fut une grande vie humaine. La vie de St Antoine fut une grande vie humaine. La vie de César fut une grande vie humaine. La vie est vivante par le combat :
un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté;
un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir;
un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;
un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements;
un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter;
un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler;
un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix »
L'idéologie est idéologie de la quantité. C'est une idéologie de négation, qui prétend définir à l'avance (à priori)l'espace des possibles et contourne, récupère, médicalise, banalise tout témoignage gênant. C'est cette mécanique de la négation qui exténue l'Univers. Il en sera ainsi pour l'Encyclopédie : contournement, récupération, banalisation, médicalisation. J'écrit ici ce qui en sera écrit. Pas de blâme. Mais la potion sera trop amère...
Sa pensée est un moment nécessaire de la culture européenne. Un feu vif qui a réchauffé bien des hommes nobles. Car le contenu de la pensée n'est que chose infime. Il n'y a rien à argumenter et rien à justifier. L'argument vient après la dureté du monde. La vérité est vécue avant d'être dite. C'est pourquoi les enfants protégés de la douleur et de l'obstacle de peuvent devenir véridiques. Le Hagakure dit : « il n'est rien de l'ordre du mal à ce qui peut être enduré ». La passion du Seigneur le manifeste.
« Voici, tu es belle, mon amie ; voici, tu es belle ! Tes yeux sont des colombes derrière ton voile ; tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres sur les pentes de la montagne de Galaad (…)
Que de charme ont tes amours, ma soeur, [ma] fiancée ! Que tes amours sont meilleures que le vin, et l’odeur de tes parfums plus que tous les aromates.
[Tu es] un jardin clos, ma soeur, [ma] fiancée, une source fermée, une fontaine scellée. (…)
une fontaine dans les jardins, un puits d’eaux vives(…)
Nietzsche est borgne, il voit et ne voit pas à chaque phrase, mais ce que son marteau a brisé a été brisé par le Seigneur. Lui même a été brisé. On ne manie pas la foudre sans danger. Et ce marteau doit à nouveau frapper. A ce sujet une dernière chose doit être dite.
Le souverain humain du totalitarisme libéral n'est plus un tyran tout puissant. Il est l'individu tout puissant dans son monde, île émergeant du chaos. La mesure individuelle détermine la valeur dans chaque île. Chaque jugement de valeur est une affirmation arbitraire de la volonté humaine. L'essence de la valeur est l'arbitraire du jugement humain. Le rôle de l'Etat est de préserver cet arbitraire, appelé Liberté. La limite étant autrui ou l'arbitraire des valeurs collectives. Rien ne vaut d'être pris en compte en dehors de ce qui a été jugé valable par un jugement, et même dans les faits plutôt par une certaine masse de jugements pesée par sondage et soutenue par la puissance médiatique des associations d'intérêt, les Sociétés. Ainsi ce qui se vend en peinture est l'Art. Ainsi peut naître le Musée, la collection, fatras de signes privés de vie et de répercussion, des cendres.
Chaque souverain enfermé dans son monde pratique le libre échange et communique par la monnaie. Dominé par l'ennui de soi et la vanité, le vide, chaque individu revendique avec aigreur sa souveraineté, préférant l'illusion de la souveraineté totale à l'Etre et aux déterminations réelles de la créature, temps, espace, sexe, péché, mort. La volonté illusoire d'être originel, souverain et arbitraire à l'image qu'ils se font de Dieu, se marquant par la recherche de la nouveauté pour la nouveauté. Etre le premier à vomir, chier ou pisser sur une scène de théâtre est une grandeur de cet ordre. Ainsi naît l'oeuvre qu'affirme le seul jugement de l'artiste, et donc pouvant être tout et rien. La volonté d'identification à l'Avant Garde faisant manifester un partage de ce jugement. Toute critique « nouvelle » s'expose à devenir nouveauté à la mode. L'auteur, étourdi, adulé, invité, enrichi reçoit une prébende et bientôt défend ses maîtres.
Et se perd le souvenir même de cette possibilité. L'inauthenticité moderne est le fruit de ce totalitarisme sans centre. La simple vie est devenue un songe, quand se vérifie cette phrase d'Hannah Arendt : « L'extrême difficulté que rencontre un individu pour conserver son intégrité et ses critères de vérité et de moralité dans un monde où vérité et moralité n'ont plus aucune influence visible. ». Il en est ainsi des hommes du Haut désir.
Ce temps n'en mérite pas moins une résistance aussi déterminée et intransigeante que les anciennes périodes sombres. Cela n'exclu pas la pratique des arts de la guerre spirituelle moderne. Et le combat est difficile, car l'ennemi absorbe et se nourrit de la plupart des résistances. La révolution de 1917 a abouti à l'extension de l'esclavage de la production ; les combattants allemands qui ont cru au nazisme ont porté au pouvoir Speer et des assassins démoniaques. Toutes les façades ont voué le même culte à la quantité, aux statistiques, à la croissance quantitative. L'écologie se termine dans le développement durable ou la sottise, ou les deux. Le fait est que l'essence de cet âge est la croissance de la destruction. Production et destruction sont deux faces de la même médaille. L’encyclopédie est destruction de la destruction pour que la destruction soit achevée. C'est le désert d’Egypte et c'est une chance.
Ecrasons l'infâme! Ce sera le labeur des Lumières d'Orient : maintenir les signes qui mènent vers les portes du Paradis et de l’Enfer. L'Encyclopédie en sera le tissage et le ferment, au delà de tous les opposés.
H
3.3.08
Eurasie ?
« Un échange perpétuel s’établit entre l’Est et l’Ouest par la rotation de la croix, et ce que l’un croit être sa victoire exclusive est aussi, dans l’autre sens, la victoire de l’autre. Mais c’est cette intensification même des deux pôles qui transforme à chaque instant la rotation de la croix en élévation de la croix et dégage l’Occident comme vision hors de la rotation comme praxis. L’Occident est l’axe immobile de la rotation. » Assomption de l’Europe, Champs Flammarion, p. 139.
Quand donc Bernard Guetta se mettra-t-il à lire Abellio ?
